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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 13:59

Pour les personnes voulant en savoir plus sur le karaïsme , je leur donne une bibliographie ...

Voici une liste de livres qui pourront les éclairer un peu plus ....

https://books.google.fr/books?id=zBvuBJmgXw0C&dq=livres+kara%C3%AFtes&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

Deux commentaires karaïtes sur l'Ecclésiaste Par Georges Vajda

 

Le karaïsme: ses doctrines et son histoire Par Simon Szyszman

 

La République des lettres et l'histoire du judaïsme antique XVIe-XVIIIe ... Par Chantal Grell,François Laplanche

 

 

que vous pouvez trouver sur la toile.

Si vous même connaissez d'autres livres , faites les connaitre en passant par le lien des commentaires .... Rien ne vaut l'échange pour avancer ....

 

 

 

 

 

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Published by Barbara de Toulouse
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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 13:12

La « Chounamit » était une femme intuitive et perspicace qui bénéficia du plus grand miracle qui puisse être : la résurrection de son fils mort. Voici son histoire :

Le second Livre des Rois raconte l’histoire d’Élicha (Élisée), le prophète et faiseur de miracles qui succéda à Élie.

Soixante ans durant (de -892 à -832 avant l’ère commune), il parcourut le royaume du nord d’Israël, offrant conseil et aide à ceux qui en avaient besoin. Lorsqu’Élicha arriva dans la ville de Chounem, une grande dame chounamit (qui signifie « de Chounem ») reconnut les qualités particulières du prophète et demanda à son mari de le chercher et de lui offrir l’hospitalité. Elle prépara dans sa demeure une chambre spéciale pour Élicha et son serviteur.

Lorsque son séjour s’acheva, Élicha voulut la rétribuer pour son hospitalité et la bénit pour qu’elle mérite de donner naissance à son premier enfant. « Ne mentez pas à votre servante », lui dit la Chounamit, incrédule. Pourtant, la bénédiction d’Élicha se réalisa et elle mit au monde un fils l’année suivante.

Un jour, l’enfant sortit aux champs et se plaignit à son père : « Ma tête, ma tête ! » Son père l’envoya à l’intérieur auprès de sa mère, qui le tint sur ses genoux jusqu’à midi, quand il mourut subitement. Sa mère le déposa sur le lit qu’elle avait réservé à Élicha, puis elle se précipita chez le prophète pour demander de l’aide. « N’avais-je pas demandé de ne pas me tromper ? » pleura-t-elle.

Élicha vint à la maison de la Chounamit et, voyant le garçon sur son lit, étendit son corps sur celui du garçon, ses mains sur ses mains, sa tête sur sa tête – et le garçon ouvrit les yeux ! Vous pouvez imaginer quelles furent la joie et la gratitude de la mère ! L’enfant grandit et devint le prophète ‘Habakouk (Habacuc), appelé ainsi au nom de l’étreinte (« ‘hibouk ») vivifiante qu’il reçut d’Élicha.

Rabbi Yossi a dit : « De la Chounamit, nous voyons que la femme reconnaît les qualités inhérentes à son invité plus facilement que l’homme, car c’est la femme qui informa son mari de la sainteté d’Élicha » (Traité Berakhot 10b).

La conscience qu’avait la Chounamit des qualités de ce prophète conduisit à la naissance de son fils. Sa perception intuitive de sa grandeur et de sa sainteté comme homme de D.ieu conduisit à la résurrection miraculeuse de son fils.

Source:Femmes Juives de Mérite »deNissan Mindel

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Published by Barbara de Toulouse - dans Les femmes du Judaïsme
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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 08:16

Je voudrais vous faire part de quelque chose d'important ...

Je suis issue de ce que l'on appelle aujourd'hui d'un couple mixte . C'est à dire de deux personnes n'ayant pas la même culture mais ayant des valeurs communes ...Je suis née en 1960 à Paris d'une mère allemande et d'un père juif croate ...Surprenant quand on connait l'Histoire ...Ces deux là auraient pu ne jamais se rencontrer ,mon père avait fini dans un camp de concentration vers la fin de la guerre , et alors avoir une mère allemande ...enfin vous voyez le contexte ...

Donc je suis née au moment où la France faisait la Guerre d'Algérie, et mes parents m'ont donné comme troisième prénom celui de Jasmina ....Cette guerre finie, j'entrais à l'école au CP ....Jusque là je grandissais dans le cocon familial et ma langue maternelle est l'allemand ...rien de plus normal pour un enfant d'apprendre la langue de sa mère....Les choses se sont compliquées à ce moment là et j'ai eu droit à ma première "initiation" du racisme et de l'intolérance ...et cela se finissait souvent en bagarre avec des sacs de billes et des bleus...

Pour moi à l'époque ,j'avais comme diraient les jeunes d'aujourd'hui, pas de bol je cumulais ....Blonde , les yeux bleus, parlant le "bosch" (25 seulement après la Seconde Guerre Mondiale)Et pas de bol en plus avec un prénom arabe (5 ans après la Guerre d'Algérie) ...Les enfants sont cruels mais cette cruauté forge le caractère ...Donc j'étais toujours aux derniers rang parce que j'étais aussi la plus grande...Quand je disais que je cumulais....

Les récréations furent le plus souvent solitaire ou je devenais la "tête de bosch", pour la majorité de ma classe , la minorité ne voulant pas se faire punir ,faisant la plupart du temps la sourde oreille et l'aveugle pour ne pas avoir de problème ...J'ai constaté en grandissant que ce schéma n'a jamais changé ...

Et puis un jour est arrivé ma première amie d'école ...je dis bien première ...

Elle avait la peau couleur "pain d'épices", des yeux d'onyx, et surtout deux énormes tresses noires avec des rubans rouges entremêlés et la triste blouse grise que l'on nous forçait à porter...Elle m'arrivait au menton ..Au début elle était timide et réservée...La maitresse nous la présente :" Voici Aïcha Minouche...et comme un couperet elle ajoute : elle est Harki "....

Tout le monde dans la classe savait qui sont les Harkis...les journaux en avaient parlé ....Il y a eu des murmures dans la classe.Et j'ai vite compris le sort qu'allait être fait à Aïcha....

A cette époque le racisme était toléré, il ne faut l'occulté

A cette époque, on n'avait pas de problème avec la Justice si on traitait de "sale nègre" un noir, de "bougnoul"un arabe, de "bosch"une allemande, au contraire cela montrait que l'on défendait sa "patrie"...c'était même encouragé par les parents...

Comme je le disais , Aïcha était petite de taille, mais au lieu de la placée dans les premiers rangs, la maitresse l'a installé à côté de moi, au fond de la classe ....vous savez comme les "cancres" mais nous c'était pas près du poêle ...

Donc voila deux fillettes, totalement étrangères, avec un physique aux antipodes assise sur le même banc ...

On s'est regardé et on s'est souris et depuis nous sommes des amies ...

J'ai appris qui elle était, comment elle vivait , où elle vivait ...Mon père m'avait vaguement expliqué ce qu'était un camp de concentration , jamais pris en cachette ses livres qui en parlaient avec des photos qui m'avaient marquée pour le reste de mes jours...alors quand Aïcha m'a dit qu'elle vivait dans un "camp", mon imagination s'est enflammé, et je trouvais cela injuste ...

La notion d'injustice était révélatrice, ce fut ma deuxième intitiation à la Vie ....Comment une petite fille aux cheveux noirs pouvait elle vivre dans ses conditions ?

Elle avait l'autorisation d'aller à l'école mais ne pouvait pas venir à mes anniversaires et ce jusqu'à mes 15 ans ....Ce n'est pas que ses parents ne voulaient pas , c'est qu'elle ne pouvait pas ...il lui fallait un "laisser-passer" ...je ne comprenais pas à l'époque ...je n'ai eu le droit de visité sa maison qu'à partir de mes 15 ans , c'est à dire en 1975....Toutes les deux nous avons appris à lire, à écrire, à compter ...Toutes les deux nous avons demander à nos mères de nous parler qu'en français comme si nous avions rejeté qui nous étions ...pour pouvoir s'intégrer nous avons occulté une partie de nous même....

Quand j'ai rendu visite pour la première fois à ses parents, sa mère m'a prise dans ses bras comme si j'étais sa propre fille ...Elle m'a regardé longuement, moi la grande blonde aux yeux bleus, et m'a embrasser sur les joues en me disant simplement :"merci"...je n'ai pas saisi de suite le sens de ce merci , mais j'étais contente au fond de moi de je sais pas trop quoi .....

Aïcha des années plus tard, m'a expliqué ...sa peur de l'école, le rejet , le ghetto, le racisme et la non reconnaissance d'un Etat à un peuple qui lui avait rendu service ...

Aujourd'hui Aîcha vit comme moi en couple mixte, et nous avons toutes élevés nos enfants dans leurs doubles cultures...En tant que mère nous avons fait le tri, et nous avons gardé le meilleur pour nos enfants ...

Ainsi ils parlent plusieurs langues, gardent des traditions ancêstrales,et ont un pied dans chaque culture qui leur donnent la force de faire la "différence" ....et d'avoir de la tolérance....Nos enfants sont nés de l'amour et c'est cela le plus important ...Si nous nous étions pas rencontrées ,qui sait quel chemin nous aurions parcouru ?

Nous n'oublierons jamais les goûters partagés, elle avec ses gâteaux sucrés et moi avec bretzels ...les chansons que l'on s'est apprises, moi en allemand et elle en arabe, les jeux et surtout les fous rire ....nous avons eu d'autres amis et la plupart étaient issus ,eux aussi , de l'émigration....Nous avions dans notre groupe des italiens, des espagnols, des portuguais, des vietnamiens avec chacun quelque chose à donner , à partager ... les valeurs de l'amitié ,de l'entre-aide, la tolérance religieuse ...C'est ce qui a fait que nous sommes des êtres humains qui marchons la tête haute, sans honte de nos origines, car nos origines sont nos racines où nous puisons notre force , et si nos enfants ont deux origines cela fait d'eux des enfants deux fois plus forts ....et deux fois plus beaux ...

En 1975 les portes du camp des Harkis se sont ouvertes, et Aïcha a pu être libre de tous ses mouvements ...Celui qui avait ouvert ces portes m'a écrit pour me donner un lien internet d'un reportage ...Je voudrais que vous lecteurs, vous compreniez que dans le pays des Droits de l'Homme et du Citoyen, tous ne furent pas égaux en droit jusqu'en 1975 et que des enfants n'étaient pas libres de faire ce que d'autres enfants avaient le droit de faire ....Que pour ouvrir les portes de la Liberté , il y eu des gens qui ont été obligé d'aller aux extrémités , de passer par dessus la Loi pour se faire entendre et avoir une reconnaissance en tant qu'être humain tout simplement et qui ont refusé d'être parqué comme des animaux ...C'est au nom de la Tolérance entre les Hommes que je fais passer ce message afin que l'on sache et que l'on n'oublie pas ...prenons le meilleur de ce qui est en nous et gardons le précieusement car nous n'avons pas fini d'apprendre à être meilleur pour nous même ,pour nos enfants et les générations futures mais aussi pour notre prochain....

copier coller le lien ci dessous

http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news#.UdzvaeRzcuc

Merci à Hocine LOUANCHI pour ce rapportage émouvant

 



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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 18:42


 ou lectures complémentaires 


 

Les sources principales :

- yrub.com, wikipedia, dailymotion.com, bnf.fr, histoiredesjuifs.com, linternaut.com, kropot.free.fr,et books.google.com. 
 
Bibliographie ou lectures complémentaires :


- Textes de Yannick Rub, Génèse de l'antisémitisme médiéval et Le Mouvement des Almeder, sur yrbu.com
 - Danièle Lancu ,  Être Juif en Provence, au temps du roi René (éditions Albin Michel)
-
Sous la direction de Jean-Pierre Azéma, Vivre et survivre dans le Marais, ouvrage collectif, Jean-Pierre Azéma, Le Moyen Âge "Paris de l’époque médiévale (du XIIe au XVe siècle)", Simone Roux "Les Juifs à Paris", Boris BOVE "Le miracle de l’hostie",  "L’urbanisation et le peuplement du quartier Saint-Gervais au Moyen Âge" ;  "Vies de quartier autour de Saint-Gervais vers 1300" ; L’âge classique Paris de l’époque classique (du XVIe au xviiie siècle). (édité par la Mairie de Paris)
- Annie Perchenet, Histoire des juifs de France (éditions du Cerf)
- Bernard Lazare, L'Antisémitisme, son histoire et ses causes, sur kropot.free.fr
- Grégoire de Tours, Histoire des Francs sur books.google.com
H. Graetz,  Histoire des Juifs (1882, wikisource.org)
- Béatrice Leroy, Les Juifs dans l'Espagne Chrétienne  (éditions Albin Michel)
- Roger Berg, Histoire Des Juifs à Paris
(éditions du Cerf - 1997)
- Roland Charpiot, Histoire des juifs d'Allemagne (éditions Vuibert)
- Alain Finkielkraut, Le juif imaginaire (éditions du Seuil)
- Jean d'Ormesson, Le juif errant (éditions Galimard)

Bibliographie de Yannick Rub :

- Chevalier, Y. (1988). L’Antisémitisme. Paris, Cerf.
- Chouraqui, A. (1957). Histoire du judaïsme. PUF
- Dahan, G. (1991). La Polémique chrétienne contre le judaïsme au Moyen Age. Paris, Albin Michel.
- De Fontenette F. (1982). Histoire de l’antisémitisme. PUF
- Gottfried, R.-S. (1983). The Black Death; Natural and Human Disaster in Medieval Europe. Londres
- Graus, F. (1987). Pest-Geissler-Judenmorde. Das 14.Jahrhundert als Krisenzeit, Göttingen.
- Haverkamp, A. (1981). Zur Geschischte des Juden im Deutschland des späten Mittelalters und der frühen Neuzeit. Stuttgart.
- Isaac, J. (1956). Genèse de l’antisémitisme. Paris, Calmann-Lévy.
- Neusner, J. (1986). Le judaïsme à l’aube du christianisme. Paris, Cerf
- Nohl, J. (1986). La mort noire. Chronique de la peste. Paris
- Poliakov L. (1981). Histoire de l’antisémitisme. Paris
- Poliakov, L. (1973). Les Juifs et notre histoire. Sciences Flammarion
- Hermanni Gygantis (Hermann Gygax). Flores Temporum seu chronicon universale, Leyde (1750) (p.138-139).
- Chronique de Matthias de Neuenburg, pour 1349 (MHG, SRG, p.265-266)
- Halter, M. (1983). La mémoire d’Abraham. Ed.Robert Laffont. (p. 311-349)

 

Source principale:

http://lionel.mesnard.free.fr/le%20site/Histoire-des-Juifs-France-Europe.html

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 18:36


 

"Dans la mesure où l’origine du christianisme remonte aux communautés juives du Moyen-Orient, l’attitude de l’Eglise vis-à-vis des Juifs a longtemps été indécise. Mais à partir des Croisades, les Juifs sont considérés comme des Infidèles, et persécutés dans toute l’Europe. Le statut des juifs est celui de citoyens de second ordre : obligés de vivredans des ghettos, ils n’ont pas droit de séjour permanent dans les villes,et les seules activités auxquelles ils ont accès sont le commerce, le col-portage et le prêt sur intérêt, ce qui aggrave encore le ressentiment à leur égard. Les mythes antijuifs naissent, comme ceux de la profanationde l’hostie et du meurtre rituel, ou de l’enlèvement d’enfants. Les sté-réotypes propagent l’image de l’usurier riche et insensible, ou du col-porteur pauvre et rusé. On accuse les juifs de propager les maladies comme la peste. Beaucoup sont expulsés d’Espagne, d’Italie, d’Angle-terre, et émigrent en Pologne et en Lituanie. L’Europe centrale devient le nouveau centre de la vie culturelle juive en Europe. Les juifs connaissent une relative liberté, ont leur langue, le yiddish, mélange d’alle-mand médiéval et d’hébreu. Grâce à leur éducation, ils ont accès à desprofessions libérales. Mais les nationalismes croissants leur opposent de nouvelles résistances, et les flambées de violence anti-juive sont fréquentes, de même que les phénomènes d’exclusion."  (exposition de la Licra sur l'antisémitisme)


La France connaît deux espaces géographiques emblématiques de la présence de la culture juive, l’une au nord-est abritait les communautés des Tzarfatim (ashkénaze) et au sud-est les Juifs  de Provence. C'est à partir du XI° siècle qu'un important changement envers les Juifs se manifeste, d'abord avec la « grande persécution » de 1007 à 1011, puis avec la première croisade en 1096, les persécutions se feront au nom d’une prétendue collusion avec les musulmans, et aussi au titre de crime de «déicide».

En mai 1096, environ 800 juifs sont tués à Worms (Allemagne), et d'autres choisissent le suicide. À Regensburg (Ratisbogne, Allemagne,), les juifs sont jetés dans le Danube, pour y être «baptisés». Plus largement en Europe, Mayence, Cologne, Prague et dans beaucoup d'autres villes, des milliers de juifs sont assassinés et leurs biens spoliés.

  Au Douzième Siècle, «Les Juifs ne doivent point être persécutés, ni mis à mort, ni même bannis. Interrogez ceux qui connaissent la divine Écriture. Qu'y lit-on de prophétisé dans le Psaume, au sujet des Juifs. Dieu, dit l'Église, m'a donné une leçon au sujet de mes ennemis : "ne les tuez pas, de crainte que mes peuples ne m'oublient" . Ils sont pour nous des traits vivants qui nous représentent la passion du Seigneur. C'est pour cela qu'ils ont été dispersés dans tous les pays, afin qu'en subissant le juste châtiment d'un si grand forfait, ils servent de témoignage à notre rédemption». Saint-Bernard de Clairvaux (point de vue similaire chez Abélard). De nombreuses communautés se développent, comme en témoignent les "rues aux juifs" ou rues "Juiverie" dans de nombreuses villes de France. Le plus ancien monument juif de France encore visible se trouve à Rouen et date du XIIème siècle.

En 1144 - «La Diffamation du sang». Les Juifs d’Angleterre sont accusés d’avoir mis à mort un enfant chrétien et de l'avoir saigné pour leur célébration de pâque. Propagée par des moines chrétiens, cette accusation est connue sous le nom de «Diffamation du sang». On les accusera également d’avoir empoisonné les puits et les points d’eau qui approvisionnaient les habitants. On les rendra même coupable de l’épidémie de Peste de 1348. Ces calomnies seront reprises par les antisémites des siècles à venir, et notamment par les nazis, afin de légitimer leurs violences.

En 1171, «le martyr du jeune Richard», première affaire de meurtre rituel en France. À Blois, la disparition d’un enfant entraîne des accusations contre les Juifs, ils auraient tué l’enfant pour préparer des pains azymes avec son sang. 32 Juifs seront brûlés en place publique.


En 1179, le pape Alexandre III oblige tous les Juifs à porter la rouelle  (rouge).

En 1181, Philippe Auguste (1180-1223) fait saisir les biens juifs.

En 1182, les juifs sont expulsés du royaume et leurs synagogues transformées en églises.

En 1184, Isaac Uradis, juif de Bourges, se fait confisquer sa maison par Philippe Auguste, qui l’offre à son maréchal, Matheus de Bituric.

En 1190, Maïmonide, philosophe et médecin espagnol rédige le «Guide des égarés». Il redonnera au  travail d’Aristote une nouvelle vie, il tentera de démontrer que la religion juive repose sur la raison et le rationnel. Il rédigera de même la «Mishnah Torah», une approche interprétative des lois juives provenant de l'étude du Talmud.

 
  Au Treizième siècle, En 1215, pendant le pontificat d'Innocent III (1198-1216), le Quatrième Conseil de Latran a forcé les Juifs à porter un insigne dans les provinces du Languedoc, de la Normandie et de Provence, et visera à son application la plus large. : «Il apparaît parfois que par erreur des chrétiens s'unissent à des femmes juives ou sarazines ou des juifs ou des sarazins à des femmes chrétiennes. Pour que cesse un tel péché et qu'un tel mélange ne puisse avoir lieu dans l'avenir sous prétexte d'ignorance, nous décrétons que ces personnes des deux sexes, dans chaque province chrétienne et en tout temps, devra se distinguer par le caractère de son vêtement. Ils n'apparaîtront pas en public pendant les jours saints et le dimanche de la Passion.»

Mais aussi sur trois points imposent des vues sectaires auxquelles les juifs devront se conformer :

1- Des taxes sur le prêt d’argent  : « Plus les chrétiens sont interdits de pratiques usuraires, plus la perfidie des juifs augmente en la matière. Nous ordonnons que si à l'avenir les juifs extorquent des intérêts excessifs aux chrétiens, ils soient coupés de tout contact avec les chrétiens jusqu'à ce qu'ils aient fait réparation de leur cupidité immodérée. Nous décrètons, sous peine identique, que les juifs doivent payer la dîme et les offrandes dues à l'église. »
 
2 – Interdiction aux emplois publics : « Il semble absurde que des blasphémateurs du Christ aient le pouvoir sur des chrétiens. Nous interdisons aux juifs d'avoir des emplois publics, puisque, sous ce couvert, ils sont particulièrement hostiles aux Chrétiens. Nous étendons la même interdiction aux païens. »

3. Règles pour Les convertis : « Puisqu'il est écrit "maudit celui qui entre dans un pays par deux chemins" et encore "on ne peut tisser une pièce de vêtement de lin et de laine", nous décrétons que les juifs convertis seront solennellement avertis par l'évêque d'abandonner l'observance de leur ancien rite. »

En 1227, le concile de Narbonne proclame le port de la rouelle jaune  obligatoire pour les Juifs et l’interdiction pour eux de sortir pendant la Semaine sainte.

 En 1232, le rabbin Salomon de Montpellier lança l'anathème contre tous ceux qui liraient le Moré Neboukhim ou se livreraient aux études scientifiques et philosophiques. Ce fut le signal du combat. Il fut violent de part et d'autres, et on eut recours à toutes les armes. Les rabbins fanatiques en appelèrent au fanatisme des dominicains, ils dénoncèrent le Guide des Égarés et le firent brûler par l'inquisition : ce fut l'œuvre de Salomon de Montpellier et elle marqua la défaite des obscurantistes. Mais cette défaite ne clôtura pas la lutte. A la fin du siècle elle fut reprise par don Astruc de Lunel, soutenu par Salomon ben Adret de Barcelone, contre Jacob Tibbon de Montpellier. A l'instigation d'un docteur allemand, Ascher ben Yehiel, un synode de trente rabbins réuni à Barcelone sous la présidence de Ben Adret, excommunia tous ceux qui avant vingt-cinq ans lisaient d'autres livres que la Bible et le Talmud.

En avril 1233, le pape Grégoire IX crée et désigne un tribunal d'exception («Inquisitio hereticae pravitatis») ayant pour objet de condamner au sein du royaume de France, «les hérétiques et les catholiques non sincères».

En 1236, les croisés ont attaqué les communautés juives d'Anjou et du Poitou et ont essayé de baptiser tous les Juifs, ceux qui ont résisté ont été tués. Environ 3,000 Juifs ont été assassinés.

 
En 1240, les Juifs sont expulsés de Bretagne et la discussion célèbre du Talmud a commencé à Paris.

En 1242, Nicolas Donin, un juif converti, explique au Pape que les livres sacrés des juifs contiennent des injures contre le Christ. Suite à une controverse ayant lieu à Paris entre rabbins et prêtres, Louis IX fait brûler 24 charrettes d’exemplaires du Talmud à Paris, en place de Grève.

   En 1250, Thomas de Cantim (théologien ayant vécu de 1201 à 1272) reprend à son compte la rumeur des crimes rituels. Une mythologie purement d'inspiration antissémite prétendait que, le sang des enfants chrétiens servait aux Juifs pour ses propriétés curatives. Rumeur non fondée, elle restera longtemps comme une illustration du juif comme bouc émissaire des maux des sociétés chrétiennes en Europe. En réalité les juifs furent victimes de véritables appels aux meurtres et cela permit en dans de nombreux pays européns le massacre de communautés hébraïques.
  
  En 1254, Louis IX bannit les juifs de France, mais contre des paiements, ils seront autorisés à rester quelques années après.

En 1269, Louis IX impose aux juifs le port de deux signes jaune l'un dans le dos, l'autre sur la poitrine, à partir de 14 ans, pour les distinguer du reste de la population et prévenir les unions mixtes.

En 1280, la dame de Vierzon réclame un juif arrêté par les gens du roi, car le prisonnier n’a pas été pris en flagrant délit. Sensiblement à la même époque, le prieur de Saint-Benoît-du-Sault veut expulser les juifs du Sault, mais le vicomte de Brosse s’y refuse.

En 1290, Les Juifs sont chassés d’Angleterre par Édouard Ier.

En 1294, les juifs de Nevers sont expulsés par Philippe le Bel.

En 1298, les Juifs sont considérés comme doublement sacrilèges et sont victimes de massacres sanglants à Röttingen (Bavière).

 Au Quatorzième Siècle, en 1306, Philippe IV de France (dit le Bel) expulse les Juifs de France, confisque leurs biens et il s’approprie leurs créances. 100 000 Juifs environ sont expulsés et prennent en majorité le chemin de l’Espagne.

En 1309, à  Zurich, un décret ordonne aux Juifs de prêter de l’argent aux bourgeois de la ville moyennant caution; s’ils s’y refusent, ils encourent des sanctions. Le taux d’intérêt était fixé par le Conseil.

 En 1315, Louis X rappelle les Juifs expulsés de France neuf ans auparavant pour une durée limitée. Les impôts payés par les Juifs sont plus lucratifs pour le trésor royal que la spoliation pure et simple de leurs biens.

De 1319 à 1321, le Talmud est brûlé à Paris et à Toulouse

En 1323, Perrin de La Queux, gardien des prisons royales de Bourges laisse s’échapper, moyennant des finance, des “juifs et des malfaiteurs des prisons de Bourges”.
 
  Le Mouvement des Armelder, (…) Intéressons-nous au cas particulier du mouvement des Armelder qui est un phénomène s’étendant sur les années 1336-1338 principalement, mais ayant des conséquences directes jusqu’en 1349 en tout cas. C’est en fait un mouvement de paysans principalement, c’est du moins dans les campagnes que s’opère le soulèvement, car il s’agit bien d’un soulèvement populaire. Cependant il faut nuancer, ce n’est pas non plus un mouvement de masse regroupant des milliers de personnes. On pense pouvoir estimer l’effectif des Armelder à environ 1500 membres.

Il faut savoir qu’il y eut 3 vagues successives de ces Armelder :

1ère vague, juillet 1336 : C’est donc juste avant les récoltes que le mouvement prend forme à l’instigation d’un certain Arnold von Uissigheim. C’est principalement dans les environs de Frankfurt que les Armelder vont agir. Leur chef, que l’on nomme « König Armelder », donc le roi des Armelder, cet Arnold von Uissigheim va être arrêté par les autorités et exécuté le 14 novembre 1336. Les autorités pensaient que de par cette exécution le mouvement péricliterait, or il n’en a rien été puisque Arnold von Uissigheim va être érigé en martyr par la population. On dira même que des miracles se passèrent sur sa tombe. Ce qui ne manqua pas d’entraîner un second soulèvement.

2ème vague, juin 1337 : A nouveau le soulèvement intervient avant les récoltes, à une période où les impôts préoccupent particulièrement les paysans, ils en sont plus facilement manipulables ou excitables selon Graus (auteur allemand). Ce deuxième mouvement prend aussi naissance dans la région de Frankfurt et se répand dans les environs (sans toutefois prendre l’ampleur de la troisième vague).

3ème vague : janvier 1338 : A nouveau le mouvement prend naissance dans la région de Frankfurt, mais cette fois il s’étend à Bâle, Strasbourg et finalement à quasi toute l’Alsace. On trouve aussi un König à la tête des Armelder, auquel succédera un deuxième. On sait que l’un d’eux était un aubergiste du nom de Jean Zimberlin ; il semble que se soit à lui que l’on doive ce nom d’Armelder parce qu’il portait au bras une lanière de cuir, qui va devenir le signe de reconnaissance de ses partisans. On sait également que les Armelder se déplaçait de village en village déployant un grand drapeau avec une image du Christ.

(…) En 1337, dans le Haut Rhin (Rouffach et Ensisheim) plus de 1500 juifs vont être exterminés dans un lieu qui prendra le nom de « champ des juifs ». Quelle est la réaction des autorités ? Celle de fermer les yeux sur les massacres et de s’emparer des biens des Juifs. Notons encore que la même année, l’empereur Louis de Bavière va promulguer un édit donnant pleine absolution de ces méfaits tout en interdisant le recours judiciaire aux juifs. Pour la région de Strasbourg toujours, il faut savoir que l’évêque finit par convoquer une assemblée de nobles d’Alsace (réunie à Colmar, ville dans laquelle de nombreux juifs s’étaient réfugiés et que les Armelder menaçaient rien de moins que d’assiéger pour en extirper les Juifs). Suite à cette assemblée, entre le 17 et le 19 mai 1338 une sorte d’alliance est passée entre villes pour combattre les Armelder dont la plupart finiront exécutés ou condamnés à diverses peines (comme par exemple celle de ne pouvoir approcher un juif pendant 10 ans)… Mais malgré le sort qui leur était réservé, un mouvement d’Armelder se reforme dès 1343, les massacres de juifs recommencent et un nouveau pacte est signé entre villes le 3 mars 1345.

Extraits, Le mouvement des Almeder, par Yannick Rub.

 


vidéo une autre histoire juive 3

 



 En 1348, la grande peste. Elleprovoqua des émeutes antijuives en Provence. La synagogue de Saint-Rémy-de-Provence fut incendiée (elle sera reconstruite hors de la ville en 1352). Des Juifs furent brûlés à Serres, en Dauphiné, d'autres massacrés en Navarre et en Castille. Le 13 mai, le quartier juif de Barcelone fut pillé. Les Ashkénazes d’Allemagne furent victimes de pogroms. En septembre, les Juifs de la région de Chillon, sur le lac Léman en Suisse, furent torturés jusqu’à ce qu’ils avouent, faussement, avoir empoisonné les puits. Leurs confessions provoquèrent la fureur de la population qui se livra à des massacres et à des expulsions. Trois cents communautés furent détruites ou expulsées. Six mille Juifs furent tués à Mayence. De nombreux Juifs fuirent vers l’Est, en Pologne et Lituanie.

En février 1349, près de deux mille Juifs furent brûlés à Strasbourg, d'autres furent jetés dans la Vienne à Chinon. En Autriche, le peuple, pris de panique, s’en prit aux communautés juives, les soupçonnant d’être à l'origine de la propagation de l’épidémie, et Albert II d'Autriche dû intervenir pour protéger ses sujets juifs.

En 1380, assassinats de juifs à Paris et Nantes

En 1382, émeutes contre les Juifs à Paris et à Rome.

En 1384, expulsion des Juifs de Suisse.

En 1390. Mouvements anti-juifs en Espagne. Deux synagogues sont converties en églises à Séville et des violences anti-juives s'étendent rapidement à Tolède et Valence. Les émeutes atteindront leur paroxysme le 5 août lorsque des marins castillans mettront le feu aux quartiers juifs et tueront des centaines d'habitants.

En 1394, Charles VI expulse les Juifs de France. Cette expulsion vient sur fond de mécontentement populaire dû à la guerre de cent ans : les finances sont mauvaises, le peuple est pauvre et les Juifs, prêteurs d’argent, ont le plus mauvais rôle. Leur expulsion est réclamée. Le retour au judaïsme d’un Juif baptisé, Denis Machault, servira à justifier cette décision.

Au Quinzième Siècle, en 1401, des Juifs sont brûlés à Diessenhofen, Schaffhouse et Winterthour sous l’accusation de meurtre rituel. A Zurich, pour les mettre à l’abri de la colère populaire, le Conseil les laisse en prison jusqu’à ce que la fureur se soit apaisée.

En 1451, se met en place de l’inquisition en Castille et en 1480, se met en place d’un tribunal de l’inquisition à Séville. Le monde berbère ou arabo-andalou avait contitué au sud de l'Espagne offert une terre d'exil et constitué ce que l'on appela l'Âge d'Or entre juifs et les musulmans. La mise en place des tribunaux de l'Inquisition sera constitutive du phénomène religieux nommé Maranne. Les juifs qui ne choisissent pas de nouveau l'expulsion se convertissent ou fuient en Afrique du nord.

En 1478, le pape permet la création d'une Inquisition spéciale en Espagne visant essentiellement la persécution des juifs restés fidèles au judaïsme après les conversions forcées. Des milliers d'autodafés (« actes de foi ») ont lieu, au cours desquels des juifs sont brûlés sur le bûcher, ou étranglés s'ils avouent.

En 1491, La Guardia (Espagne), 5 juifs sont arrêtés sous l'accusation d'avoir tué un enfant dont le corps n'a jamais été retrouvé. 3 d'entre eux sont des juifs baptisés de force. Ils sont garrottés et brûlés. Les autres sont écartelés. Le dominicain Tomàs de Torquemada, responsable des persécutions, vise à renforcer par un décret les sentiments antijuifs en Espagne.

En 1492, les Rois Catholiques, Ferdinand et Isabelle, expulsent tous les juifs du Portugal et de l'Espagne, exilant environ 150 000 personnes et détruisant les communautés prospères. Les dernière troupes "mauresques" sont chassées de Grenade et se retournent en Afrique du nord. La même année, à Mecklenburg (Allemagne), 24 juifs (dont 2 femmes) sont accusés de profanation d'hostie par un prêtre, ils sont brulés sur un bûcher, en un lieu appelé par la suite Judenberg (colline aux Juifs ").

 
L'on contastera en France dès la fin du Moyen-Âge une disparition progressive des tribunaux de l'inquisition, et c'est au sein même du christianisme que de nouveaux bouc émissaires vont apparaître avec l'apparition au 16ême siècle du shisme entre le saint-siège de Rome et les fois protestantes.




À LA CHARNIERE DU MOYEN AGE ET DES TEMPS MODERNES....
par Freddy Raphaël et Monique Ebstein (http://judaisme.sdv.fr/)


"L'époque où vécut Yossel, le dernier quart du 15ème siècle et la première moitié du 16ème, fut à de nombreux titres une époque charnière où s'acheva le passage du Moyen Age aux Temps modernes. Pour ceux qui vécurent alors, cette période aux transitions floues fut riche en profonds bouleversements."

Naissance des ghettos, Génèse de l'antisémitisme médiéval, par Yannick Rub


(...) Le ghetto est né à Francfort en 1349, , mais en fait, il n’a été « institutionnalisé » qu’au XVIe siècle. C’est de la ville de Venise que vient ce nom de ghetto : l’ancienne fonderie (en vénitien, gheto) située aux abords de la résidence obligée des Juifs dès 1516 à Venise. Il porte des noms différents selon le pays : Judengasse en Allemagne, carrière dans le Comtat venaissin, mellah en Afrique du nord. Les Juifs se regroupent en communauté par commodité, par habitude mais surtout pour des raisons de sécurité. Le ghetto c’est, en général, un quartier entouré d’un mur ; deux portes, d’ailleurs gardées aux frais des Juifs, qui sont ouvertes durant la journée et permettent tout de même la communication avec le monde extérieur. Par contre la nuit, les Juifs doivent avoir réintégré le ghetto et les Chrétiens doivent l’avoir quitté, sous peine de sanctions.

Le ghetto ne peut s’agrandir. La natalité juive devient un facteur de paupérisme. Les masses juives d’Allemagne et d’Italie vivent misérablement, s’adonnant à de petits métiers : tailleur, fripier, etc. Le ghetto vit surtout de prêts sur gages : depuis le XIVe siècle, les Juifs d’Italie sont officiellement chargés - et même contraints - de pratiquer l’usure pour survivre. Au XVIIe siècle pourtant, on interdit aux Juifs de prêter avec intérêt – l’activité est confiée à des monts-de-piété - , mais on ne leur ouvre pas pour autant de nouvelles professions. Outre les conditions économiques difficiles, le système du ghetto impose aux Juifs des brimades et des humiliations nombreuses, du sermon de conversion jusqu’au rapt d’enfants conduisant au baptême forcé. Le ghetto devient le symbole de la vie juive et son modèle se diffuse dans toute l’Europe. Pour déborder un peu de la période qui nous intéresse, sachons qu’en 1555, une bulle papale ordonne la création de ghettos et la concentration des Juifs résidant dans tous les états pontificaux. (...)

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 18:25

 

 

Malgré les persécutions infligées par les chrétiens au Moyen Âge, la mémoire collective juive a gardé un attachement particulier à la région du Rhin.

L'histoire des juifs au Moyen Âge dans la région du Rhin est, comme en d'autres temps et en d'autres lieux, ponctuée de persécutions et de massacres. Mais c'est aussi le récit d'une relation particulière entre une communauté et une région qui l'a d'abord bien accueillie. Avec la terre promise d'Israël, la Rhénanie représente, aussi bien du côté alsacien que du côté allemand, l'autre terre précieuse au coeur des juifs. De l'an 900 jusqu'aux années 1550, le documentaire s'intéresse à la présence du peuple juif dans la vallée rhénane, à son intégration tour à tour souhaitée puis rejetée, et aux conséquences culturelles et économiques de ces alternances de prospérité et d'horreur. À Spire, Mayence, Cologne, Trèves ou Worms, à Colmar, Mulhouse, Sélestat, Obernai ou Strasbourg, à Bâle et en Suisse s'écrit déjà une histoire d'Europe avant l'heure.


(France, 2009, 52mn) ARTE - Réalisateur, Vincent Froehly

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 18:19

 

En apparence la période carolingienne semble plus calme, dans les faits les pouvoirs royaux ou impériaux ne chercheront pas à persécuter les populations juives, Charlemagne à ce sujet sera plutôt bienveillant. Néanmoins entre suzerains et vassaux ou pouvoirs locaux, les croyances anti-juives restent vivaces, et les lois demeurent relativement restrectives pour les pratiquants du judaïsme au sein de l'empire Carolingien.

Pendant le VIII° siècle, les Juifs étaient actifs dans le commerce et la médecine. Les empereurs Carolingiens permettent aux juifs de devenir des approvisionneurs accrédités de la cour impériale. Ils sont aussi impliqués dans l'agriculture et le domaine de la viticulture. Ils doivent comme tout négociant payer la dîme.

En 797, Charlemagne donna une mission d'ambassadeur auprès du calife de Bagdad à un juif narbonnais nommé Isaac. Celui-ci ne revint de sa mission qu'au début de l'an 802, rapportant deux cadeaux insolites: une horloge très perfectionnée et un éléphant.

 En 800, Charlemagne désigne Machir à Narbonne pour créer une école talmudique. Sous son règne  de 771 à 814, la condition des Juifs s’améliore, toutefois leur liberté restera limitée. Au tribunal, ils prêtaient serment à un texte appelé «more judaico».

Vers 850, le concile de Meaux Paris adopte une série de dispositions destinées à réprimer le prosélytisme juif et à éviter toute promiscuité avec les Chrétiens :

-Interdiction pour les Juifs de servir dans l'armée,
- Interdiction d'occuper un emploi public,
- Interdiction d'avoir des esclaves chrétiens et faire le commerce des esclaves.
- Interdiction de sortir de chez soi à la fin de la semaine sainte, pour éviter que leur vue n'excite la colère des Chrétiens.
- Interdiction de construire de nouvelles synagogues.
- La garde des enfants juifs est confiée à des clercs pour les élever dans la religion chrétienne.

Charles le Chauve (843 – 877), tolérant, refusera d'appliquer les mesures d'exception et de les inscrire dans un capitulaire.

 
 L'Antisémitisme, son histoire et ses causes


(...) C'est vers la fin du VIIIe siècle que se développa l'activité des Juifs occidentaux. Protégés en Espagne par les Kalifes, soutenus par Charlemagne qui laissa tomber en désuétude les lois mérovingiennes, ils étendirent leur commerce qui jusqu'alors avait consisté surtout dans la vente des esclaves. Ils étaient d'ailleurs pour cela dans des conditions particulièrement favorables. Leurs communautés étaient en rapports constants, elles étaient unies par le lien religieux qui les rattachait toutes au contre théologique de la Babylonie, dont elles se considérèrent comme dépendantes jusqu'au déclin de l'exilarcat ; ainsi acquirent-elles de très grandes facilités pour le commerce d'exportation dans lequel elles amassèrent des richesses considérables, si nous en croyons les diatribes d'Agobard (1) et plus tard celles de Rigord (2), qui, si elles exagèrent la fortune des Juifs, ne doivent pourtant pas être absolument rejetées comme indignes de créance (3). Sur cette richesse des Juifs, surtout en France et en Espagne, jusqu'au XIVe siècle, nous avons d'ailleurs les témoignages des chroniqueurs et ceux des Juifs eux-mêmes, dont plusieurs reprochaient à leurs coreligionnaires de se préoccuper des biens de ce monde beaucoup plus que du culte de Jehovah. "Au lieu de calculer la valeur numérique du nom de Dieu disait Aboulafia le kabbaliste, les Juifs aiment mieux supputer leurs richesses."

(...) Aux temps de leur prospérité nationale, les Juifs semblables en cela à tous les autres peuples, possédèrent une classe de riches qui se montra aussi âpre au gain, aussi dure aux humbles que les capitalistes de tous les âges et de toutes les nations. Aussi, les antisémites qui se servent, pour prouver la constante rapacité des Juifs, des textes d'Isaïe et de Jérémie, par exemple, font-ils œuvre naïve et, grâce aux paroles des prophètes, ils ne peuvent que constater, ce qui est puéril, l'existence chez Israël de possesseurs et de pauvres. S'ils examinaient impartialement même les codes et les préceptes judaïques, ils reconnaîtraient que législation et morale recommandaient de ne jamais prélever d'intérêt sur les prêts (4). A tout prendre même, les Juifs furent, en Palestine, les moins commerçants des sémites, bien inférieurs en cela aux Phéniciens et aux Carthaginois. C'est seulement sous Salomon qu'ils entrèrent en relation avec les autres peuples ; encore, en ce temps-là, c'était une puissante corporation de Phéniciens qui pratiquait le change à Jérusalem. Du reste, la situation géographique de la Palestine ne permettait pas à ses habitants de se livrer à un trafic très étendu et très considérable. Cependant, pendant la première captivité, et au contact des Babyloniens, une classe de commerçants se forma, et c'est à cette classe qu'appartenaient les premiers émigrants juifs, ceux qui établirent leurs colonies en Égypte, en Cyrénaïque et en Asie Mineure. Ils formèrent dans toutes les cités qui les reçurent des communautés actives, puissantes et opulentes, et, lors de la dispersion finale, des groupes importants d'émigrants se joignirent aux groupes primitifs qui facilitèrent leur installation.(...)

Notes :
 
(1) "De Insolentia Judoeorum" Patrologie Latine, t. CIV.
(2) Gesta Phillippi Augusti.
(3) Sur la situation des Juifs méridionaux au temps de Philippe le Bel, voir Siméon LUCE, "Catalogues des documents du Trésor des Chartes", Revue des Études Juives, t. I. n° 3
(4) "Tu ne prêteras point à intérêt à ton frère, ni argent, ni vivres, ni quoi que ce soit; tu pourras prêter à intérêt à l'étranger (Nochri )." Deutéronome, XXIII, 19, 20Nochri veut dire l'étranger de passage; l'étranger qui réside, c'est le guer . "Quand ton frère sera devenu pauvre et qu'il te tendra ses mains tremblantes, tu le soutiendras, même l'étranger (guer ) qui demeure dans le pays, afin qu'il vive avec toi. Tu ne tireras de lui ni intérêt, ni usure." Lévitique, XXV, 35. "Jéhovah, qui est-ce qui séjournera dans ton tabernacle? Celui qui ne prête pas son argent à intérêt". (Psaume XV, 5). Même à un non Juif, ajoute le commentaire talmudique. (Maccoth, 1. XXIV) (Voir encore Exode, XXII, 25. PHILDON, de Charitate: .JOSEPH, Antiquit. Jud., 1. I V, chap. VIII; Selden, 1. Vl. chap. IX.

 

 


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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 18:17
Le peuple «déicide» ? Génèse de l'antisémitisme médiéval,  par Yannick Rub


(...) Cette idée selon laquelle les Juifs ont été les assassins de Jésus va justifier pour des siècles les persécutions à l’encontre des juifs. Cette accusation est « institutionnalisée » d’abord entre le II et le Ve siècle chez les Pères de l’Eglise. La démarche est d’abord celle de discriminer le judaïsme qui, après tout, est un concurrent fâcheux pour une église qui se veut universelle. C’est au IVe siècle que Jean Chrysostome parle des Juifs comme étant «hostiles à Dieu» et c’est lui qui va développer ce concept de «déicide». Il n’emploie pas encore le terme précis, c’est Pierre Chrysologue au Ve siècle qui le fera le premier. L’idée que les Juifs sont non seulement responsables de la mort de Jésus, mais qu’en plus celui-ci a également été trahi par Judas pour de l’argent va nourrir l’aversion à l’égard du Juif. (...)  

(...) Encore à titre d’exemple, au IVe siècle, Saint Augustin écrit qu’il ne faut pas tuer les Juifs, mais les condamner à la dispersion et à l’humiliation, en signe de victoire de l’Eglise sur la Synagogue. C’est une sorte de condamnation à la servitude éternelle qui sera maintenue pendant des siècles. C’est là un point éclairant en ce qui pourrait concerner un certain anéantissement : celui-ci n’est absolument pas prôné par les Pères de l’Eglise ni même souhaité : le Juif est vu comme le mal nécessaire, l’erreur au service de la Vérité. C’est ce qui ressort des écrits d’Augustin : les juifs doivent subsister, mais de manière diminuée. Les accusations des Pères de l’Eglise font passer les griefs à l’encontre des juifs de rumeurs et d’opinion populaire en fait historique se basant sur l’interprétation des textes : Sommairement, cette interprétation fait ressortir l’idée théologique d’une faute et donc d’une nécessaire expiation. A la même époque, le patriarche de Constantinople Jean Chrysostome prononce des sermons très virulents contre les Juifs, et prêche aux Chrétiens que c’est un péché de traiter les Juifs avec respect. Il appelle la synagogue la maison de Satan dédiée à l’idolâtrie et le repaire des meurtriers de Dieu. (...)

 Au VI° siècle, la première attestation d'une présence juive à Paris, il s'agit d'un document de l'évêque Grégoire de Tours. Il a rédigé de son temps une Histoire des francs, ou l’on retrouve, différents actes religieux ou récits historiques très controversés concernant les juifs de cette époque.

En 506, un concile est tenu à Agde avec l’autorisation de roi wisigoth Alaric II. Il y sera défini dans quelles conditions «les Juifs qui veulent se rallier à la foi catholique doivent, à l’exemple des catéchumènes, se tenir pendant 8 mois sur le seuil de l’église ; si, au bout de ce temps, leur foi est reconnue sincère, ils obtiendront la grâce du baptême» (…) «empêcher ceux-ci de contaminer les chrétiens ».

(…) «Tout chrétien, clerc ou laïc, doit s'abstenir de prendre part aux banquets des Juifs ; ces derniers ne mangeant pas des mêmes aliments que les chrétiens, il est indigne et sacrilège que les chrétiens touchent à leur nourriture. Les mets que nous prenons avec la permission de l'apôtre sont jugés immondes par les Juifs. Un chrétien se montre donc l'inférieur d'un Juif s'il s'assujettit à manger des plats que ce dernier lui présente et si, d'autre part, le Juif repousse avec mépris la nourriture en usage ». Déjà édictée par le Concile de Vannes, cette interdiction fut  peu respectée, d'autres conciles la renouvelèrent à plusieurs reprises (Épône, 517 ; Orléans, 538 et Mâcon, 581). En atteste ce témoignage à propos de Cautinus (évêque de Clermont entre 551 et 571) : «Avec les Juifs à l'influence desquels il se soumettait, il était en termes familiers, non pour leur conversion, ce qui, en bon pasteur, eut dû être son souci, mais pour leur acheter des objets précieux. On le flattait facilement et ils lui prodiguaient une grossière adulation. Ils lui vendaient alors les choses à un prix plus élevé que leur valeur réelle». Grégoire de Tours, Histoire des Francs (Denoël, 1974).

Théodoric dit le Grand (474 - 526) Roi des Ostrogoths et du Royaume ostrogoth d'Italie prendra sous sa protection les Juifs de Gênes et de Milan. Il condamna les émeutes anti-juives et les destructions de synagogues sur son territoire et tout au long de son règne.

En 533, Childebert 1er (roi de Paris à partir de 511 et roi d'Orléans de 524 à sa mort en 558). Il prend contre les juifs un arrêté d'expulsion. Le premier synode du temps des mérovingiens parlant des juifs se tient en la présence des enfants vivants de Clovis (Childebert 1er, de Clotaire 1er et de Thierry 1er). Les mariages mixtes sont interdits avec des juifs ou juives sous peine d’excommunication.

En 535, Le concile de Clermont interdit aux Juifs de devenir juge.

En 576, - A Clermont, un incident entre un juif et un converti conduit à la destruction de la synagogue par la population. Il s’en suivra le baptême forcé de 500 juifs, et l’expulsion du reste de la communauté à Marseille.

Vers 580, on présume la construction d’une synagogue sur l’île de la Cité (à Paris). En Bourgogne, «tout Juif qui frappe un chrétien doit payer 75 sous de composition et 12 sous d'amende ou avoir le poing coupé, et, si la personne maltraitée est un prêtre, il encourt la peine de mort et ses biens sont confisqués». 

En 582, Chilpéric 1er établit un édit ordonnant «à tous les Juifs de Paris d’être baptisés sous peine d'avoir les yeux  crevés et de venir présider lui-même à son exécution» . La synagogue d’Orléans est détruite lors d’émeutes et reconstruite aux frais et aux dépens des juifs par l’exécutant de l’autorité royale. Il fait condamné à mort son ancien conseiller juif Priscus.

En 583, - Le concile de Mâcon autorise les chrétiens à racheter aux juifs des esclaves.

En 585, le roi Gontran vient à Orléans et dit : «Malheur à cette nation juive méchante et perfide, ne vivant que de fourberies. Ils me prodiguent aujourd’hui de bruyantes acclamations, c’est qu’ils veulent obtenir de moi que j’ordonne de relever, aux frais publics, leur synagogue que les chrétiens ont détruite ; mais je ne le ferai pas : Dieu le défend.»

  En 591, le pape Grégoire 1er dit le Grand (de 590 à 604) s’oppose aux conversions forcées des Juifs et prône la persuasion. Il refuse que leurs biens soient saccagés et voit avec importance qu’ils soient protégés par la loi.

En 614, des clauses aux conciles de Paris et Clermont interdisent la nomination de Juifs à des fonctions civiles et militaires. Un édit de Clotaire II défend aux juifs d'intenter des actions publiques contre les chrétiens.

En 615, le roi wisigoth Sisebut (612-621) ordonne sous peine de mort, le baptême de tous les Juifs, et, il oblige les non convertis à quitter son royaume. L'Espagne vivra un siècle de troubles religieux

En 629, le roi Dagobert demande aux Juifs de se convertir au christianisme. Ils vivent et commercent rive gauche, non loin de l’église St-Julien, et sur l’Ile de la Cité (l’actuelle rue de la Cité portera le nom de rue de la Juiverie, jusqu’en 1834).

En 633, c’est l’expulsion des juifs refusant la conversion du « bon » Roi Dagobert. À Paris, c’est un refus de la communauté de se convertir au catholicisme, elle s’exile en d’autres terres (Rhin et Provence).

En 694, en Espagne, Egica roi wisigoth réduit en esclavage tous les Juifs de son royaume, et en confie la garde aux grands propriétaires fonciers. Ces derniers, en effet, sont des relais importants de l'expansion du christianisme, usant de la contrainte économique pour obtenir des conversions.

Bernard Lazare, L'Antisémitisme, son histoire et ses causes (...) Du Ve au VIIIe siècle le bonheur ou le malheur des Juifs dépendit uniquement de causes religieuses qui leur étaient extérieures, et leur histoire parmi ceux qu'on appelait les barbares est liée à l'histoire de l'Arianisme, à son triomphe et à ses défaites. Tant que les doctrines ariennes prédominèrent, les Juifs vécurent dans un relatif état de bien-être, car le clergé et même les gouvernements hérétiques luttaient contre l'orthodoxie et se souciaient assez peu des Israélites, qui n'étaient pas pour eux les ennemis qu'il fallait réduire. Théodoric fit exception cependant. A peine l'empire ostrogoth était-il assis, que le roi, poussé peut-être par Cassiodore, son ministre, qui paraît avoir eu fort peu de sympathie pour les Juifs — il les qualifiait de scorpions, d'ânes sauvages, de chiens, de licornes — défendit aux Juifs de construire des synagogues et essaya de les convertir. Mais, malgré cela, il les protégea contre les agressions populaires, et obligea le sénat de Rome à faire rebâtir les synagogues que la foule catholique, insurgée contre l'Arien Théodoric, avait incendiées.(...)

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 18:04





C'est à partir, du roi Hérode dit le Grand (-73 à -4 avant J.C), puis notamment sous le règne d'Archéolas (roi des Juifs de Judée) et au prémice du Christianisme que les hébreux commenceront à s'intégrer au vaste empire Romain et prendront part à son évolution et à ses conquêtes. Il est difficile de chiffrer combien de juifs vont venir s'installer en France ou en Europe. 20.000 à Rome selon Bernard Lazare. Ce qui semble fondé, c'est qu'ils vont prendre leur première racine d'abord à Rome, et trouver au sein de la la société romaine de nombreuses fonctions et postes honorifiques : officiers, avocats, négociants, ... - Et qui migreront de Marseille en passant par la Vallée du Rhônes jusque dans le sud-ouest de la Gaule comme agriculteurs et viticulteurs. La présence juive en Gaule romaine est attestée par plusieurs sources dont Grégoire de Tours et des recherches à ce sujet.

Si l'exode de 70 après J.C. (sous le règne de Hérode Agrippa II) peut avoir été moins massif que ne le suggére les croyances, le bassin méditerranéen va vivre sous une influence culturelle juive importante jusqu'à la fin du monde Antique, ou ce que l'on dénomme plus communément jusqu'à la fin de l'Empire Romain, et comme marqueur d'un tournant vers de nouveaux temps historiques et religieux (passage du polythéisme au monothéisme). Il a existé différentes formes et périodes d'exils et de migrations, d'assimilations forcées ou pas, des conversions de toute nature dans l'histoire des Juifs en Europe et dans le bassin méditerranéen. Dans la bataille des chiffres, l'on estime de 1 à 2 millions d'habitants principalement en Judée, le nombre de juifs à cette époque.

L'objet de ce texte n'est pas d'alimenter l'idée ou une contreverse sur l'existence ou non du peuple juif, la polémique a peu d'intérêt. Il faut avoir une certaine méfiance concernant des théses identitaires, voire historico-politiques s'appuyant sur de fausses évidences parce que principalement bâtient sur des hypothèses, normalement se déjouant des mythes. C'est le cas de l'archéologie ou de certaines recherches historiques, ou toute affirmation doit se faire avec moultes précautions et vérifications. Pour précision utile, il vaut mieux se référer à la diaspora juive et quelques fondements confessionnels. Sinon l'on risque de créer une unité qui pousse à rendre génétiquement compatible les populations juives. Les simplifications sont toujours dangeureuses ou abusives.

Au plus court, vont se dessiner des communatés de destin parfois comparables, mais aussi disjoint en raison des espaces géographiques. Les deux branches les plus connues (et pour aller au plus simple) sont les juifs ashkénazes et  séfarades. Toutes deux présentes à travers l'Histoire de France et jusqu'à nos jours. Il n'est pas simple de faire le tri des images d'Épinal, dont celle du juif errant, les mythes collant à la peau des populations et coutumes religieuses juives sont nombreuses. Derrière les mythes, les réalités historiques laissent place à une histoire difficile des relations entre le judaïsme et le christianisme, puis plus tardivement avec l'islam et en d'autre termes. Nous ne chercherons vraiment pas à faire de comparaison, mais de fournir des faits pouvant vous permettre à partir d'une ébauche chronologique, de découvrir des aspects peu connus des persécutions des Juifs à travers les premiers âges de la chrétienté .


  La présence de juifs en France remonte à l'Antiquité Gallo-Romaine. Des commerçants de confession juive et originaire du Royaume de Canaan ou de Judée sont présents dans le port de Marseille dès l'époque de la colonisation romaine, ils sont à l'origine des communautés de Provence.

Les juifs apparurent en Gaule sous l'empereur romain Auguste en 31 avant J-C. Ils suivirent les romains dans la nouvelle province et s'installèrent à Massilia (Marseille). Certains poussèrent jusqu'à Narbonne, tandis que le roi Archélaus, fils et successeur d'Hérode le Grand était destitué par les romains et exilé à Vienne le long du Rhône.

 Septime Sévère (193 à 211) autorise les Juifs présents à Rome et sur le territoire de l’Empire romain à assumer des fonctions civiles et militaires, toutefois limitées dans les hiérarchies, et révisées à la baisse par ses successeurs.

En 212, l'Édit de Caraccala reconnait dans sa constitution la citoyenneté romaine à tous ses résidants ou habitants, y compris de confession juive.

En 306, le concile d’Elvire décide l'interdiction pour les Chrétiens d’avoir des relations sociales avec les Juifs, et l'impossibilité pour un Juif d’avoir un employé chrétien.

En 325, Le concile de Nicée étend la validité de l'excommunication en créant l'anathème. Auparavant, l'excommunication n'était valide que dans le diocèse qui l'avait prononcée.

En 399, le pape Anastase 1er convoque un concile, les mariages mixtes entre Juifs et Chrétiens sont interdits.

En 439, est promulgué le code Théodosien de Justinien II. Il est interdit aux juifs d’exercer une profession publique ou militaire, et l’on cherche à imposer la conversion de force au christianisme dans l’Empire.

En 461 ou 465, Le concile provincial de Vannes stipule en son XVI° Canon : «Sous peine d'excommunication, les clercs ne doivent se livrer à la divination par le sort des saints et la sainte écriture. (…) Interdiction aux clercs de partager un repas avec des juifs.»

Presque de tout temps, la convertion au judaïsme a été possible (et même prosélyte les premiers siècles de l'ère chrétienne). On peut imaginer la crainte de la Gaule devenue chrétienne voir les juifs acquérir des esclaves et de les convertir, et accéder ainsi au savoir, comme lire, écrire et commentés les textes sacrés. Il est à signaler que l'esclavage n'est pas vraiment en conformité avec les textes religieux et enseignements aussi bien bibliques que talmudiques, et que l'on peut envisager des contradictions fortes entre les deux monothéïsmes, l'un naîssant, l'autre allant péricliter à partir du VI° siècle après J.C, notamment s'affaiblir au VII° siècle en Afrique du Nord avec l'apparition de l'islam et l'expansion du colonialisme arabo-musulman en Afrique du nord et au sud de l'Europe.


   
 


Bernard Lazare, L'Antisémitisme, son histoire et ses causes


(...) A Rome, les Juifs fondèrent une colonie puissante et riche, aux premières années de l'ère chrétienne. Ils étaient venus dans la cité vers 139 (avant J.-C.), sous le consulat de Popilius Lœnus et de Caius Calpurnius, s'il faut en croire Valère Maxime. Ce qui est certain, c'est qu'en 160 avant J.-C. arriva à Rome une ambassade de Judas Macchabée, pour conclure avec la République un traité d'alliance contre les Syriens ; en 143 et en 139, autres ambassades. Des ce moment, des Juifs durent s'établir à Rome. Sous Pompée, ils vinrent en nombre, et en 58 leur agglomération était déjà considérable. Très turbulents, très redoutables, ils jouèrent un rôle politique important. César s'appuya sur eux pendant les guerres civiles et les combla de faveurs ; ils les exempta même du service militaire. Sous Auguste, on fit retarder pour eux les distributions gratuites de blé quand elles tombaient un samedi. L'Empereur leur donna le droit de recueillir la didrachme pour l'envoyer en Palestine, et il fonda au temple de Jérusalem un sacrifice perpétuel d'un taureau et de deux agneaux.

Quand Tibère prit l'Empire, les Juifs étaient 20.000 à Rome, organisés en collèges et en sodalitates.

Excepté les Juifs de grandes familles comme les Hérode et les Agrippa, qui se mêlaient à la vie publique, la masse juive vivait très retirée. Le plus grand nombre habitaient dans la partie la plus sale et aussi la plus commerçante de Rome : le Transtévère. On les voyait près la via Portuensis, l'Emporium et le grand Cirque ; au champ de Mars et dans Subure ; hors la porte Capène ; au bord du ruisseau d'Égérie et proche le bois sacré. Ils faisaient du petit négoce et de la brocante ceux de la porte Capène disaient la bonne aventure. Le Juif du ghetto est déjà là. (...)



Le «Talmud de Babylone»,
ensemble de lois orales (la «Mishna») et de commentaires rabbiniques (la «Gemara»), est clôturé. Une autre version, le «Talmud de Jérusalem» avait été réalisé au siècle précédent mais n’était pas aussi approfondie. Ces écrits représentent un ensemble concret des fondements oraux de la religion juive et sont l’œuvre des sages amoraïm. Au fil des siècles, le «Talmud de Babylone» sera complété par différents rabbins et notamment par le rabbin français Rachi, qui fondera une grande école talmudique. (source: linternaute.com)

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 17:59

 

 

Voici le sommaire de cette "catégorie"......

Histoire résumée et chronologique des persécutions contre les Juifs de l'Antiquité au Moyen Âge - de la Colonisation Romaine de la Gaule aux premiers Capétiens
 
- Antiquité, aux origines des premiers juifs en Gaule
- Mérovingiens, aux racines de l'antisémitisme chrétien
- Carolingiens, des temps en apparence plus calmes
- Documentaire, Une autre histoire juive (2 extraits vidéos - Arte Tv)
- Capétiens, le temps des bûchers, des exils et des spoliations
- Sources & Bilbliographie ou lectures complémentaires

 

 

 

Je remercie Lionel Mesnard de m'autoriser de publier son article sur mon blog et de m'aider à étoffer celui-ci......aec toute mon amitié.....

Barbara de Toulouse

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  • : Réflexions sur le début du christianisme et du judaïsme rabbinique .Tout n'est pas fait de dogmes mais aussi de faits historiques et c'est cela qui m'intéresse. Le côté humain de la "chose". Les chrétiens ne connaissent rien sur l'histoire de leur religion et encore moins sur le berceau .Deux communautés issues d'une même "famille",qui se sont ignorées, voire combattue pendant des siècles, à coup de pogroms, de bûchers et d'anathèmes et pourtant elles sont "soeurs"......
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