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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 18:04





C'est à partir, du roi Hérode dit le Grand (-73 à -4 avant J.C), puis notamment sous le règne d'Archéolas (roi des Juifs de Judée) et au prémice du Christianisme que les hébreux commenceront à s'intégrer au vaste empire Romain et prendront part à son évolution et à ses conquêtes. Il est difficile de chiffrer combien de juifs vont venir s'installer en France ou en Europe. 20.000 à Rome selon Bernard Lazare. Ce qui semble fondé, c'est qu'ils vont prendre leur première racine d'abord à Rome, et trouver au sein de la la société romaine de nombreuses fonctions et postes honorifiques : officiers, avocats, négociants, ... - Et qui migreront de Marseille en passant par la Vallée du Rhônes jusque dans le sud-ouest de la Gaule comme agriculteurs et viticulteurs. La présence juive en Gaule romaine est attestée par plusieurs sources dont Grégoire de Tours et des recherches à ce sujet.

Si l'exode de 70 après J.C. (sous le règne de Hérode Agrippa II) peut avoir été moins massif que ne le suggére les croyances, le bassin méditerranéen va vivre sous une influence culturelle juive importante jusqu'à la fin du monde Antique, ou ce que l'on dénomme plus communément jusqu'à la fin de l'Empire Romain, et comme marqueur d'un tournant vers de nouveaux temps historiques et religieux (passage du polythéisme au monothéisme). Il a existé différentes formes et périodes d'exils et de migrations, d'assimilations forcées ou pas, des conversions de toute nature dans l'histoire des Juifs en Europe et dans le bassin méditerranéen. Dans la bataille des chiffres, l'on estime de 1 à 2 millions d'habitants principalement en Judée, le nombre de juifs à cette époque.

L'objet de ce texte n'est pas d'alimenter l'idée ou une contreverse sur l'existence ou non du peuple juif, la polémique a peu d'intérêt. Il faut avoir une certaine méfiance concernant des théses identitaires, voire historico-politiques s'appuyant sur de fausses évidences parce que principalement bâtient sur des hypothèses, normalement se déjouant des mythes. C'est le cas de l'archéologie ou de certaines recherches historiques, ou toute affirmation doit se faire avec moultes précautions et vérifications. Pour précision utile, il vaut mieux se référer à la diaspora juive et quelques fondements confessionnels. Sinon l'on risque de créer une unité qui pousse à rendre génétiquement compatible les populations juives. Les simplifications sont toujours dangeureuses ou abusives.

Au plus court, vont se dessiner des communatés de destin parfois comparables, mais aussi disjoint en raison des espaces géographiques. Les deux branches les plus connues (et pour aller au plus simple) sont les juifs ashkénazes et  séfarades. Toutes deux présentes à travers l'Histoire de France et jusqu'à nos jours. Il n'est pas simple de faire le tri des images d'Épinal, dont celle du juif errant, les mythes collant à la peau des populations et coutumes religieuses juives sont nombreuses. Derrière les mythes, les réalités historiques laissent place à une histoire difficile des relations entre le judaïsme et le christianisme, puis plus tardivement avec l'islam et en d'autre termes. Nous ne chercherons vraiment pas à faire de comparaison, mais de fournir des faits pouvant vous permettre à partir d'une ébauche chronologique, de découvrir des aspects peu connus des persécutions des Juifs à travers les premiers âges de la chrétienté .


  La présence de juifs en France remonte à l'Antiquité Gallo-Romaine. Des commerçants de confession juive et originaire du Royaume de Canaan ou de Judée sont présents dans le port de Marseille dès l'époque de la colonisation romaine, ils sont à l'origine des communautés de Provence.

Les juifs apparurent en Gaule sous l'empereur romain Auguste en 31 avant J-C. Ils suivirent les romains dans la nouvelle province et s'installèrent à Massilia (Marseille). Certains poussèrent jusqu'à Narbonne, tandis que le roi Archélaus, fils et successeur d'Hérode le Grand était destitué par les romains et exilé à Vienne le long du Rhône.

 Septime Sévère (193 à 211) autorise les Juifs présents à Rome et sur le territoire de l’Empire romain à assumer des fonctions civiles et militaires, toutefois limitées dans les hiérarchies, et révisées à la baisse par ses successeurs.

En 212, l'Édit de Caraccala reconnait dans sa constitution la citoyenneté romaine à tous ses résidants ou habitants, y compris de confession juive.

En 306, le concile d’Elvire décide l'interdiction pour les Chrétiens d’avoir des relations sociales avec les Juifs, et l'impossibilité pour un Juif d’avoir un employé chrétien.

En 325, Le concile de Nicée étend la validité de l'excommunication en créant l'anathème. Auparavant, l'excommunication n'était valide que dans le diocèse qui l'avait prononcée.

En 399, le pape Anastase 1er convoque un concile, les mariages mixtes entre Juifs et Chrétiens sont interdits.

En 439, est promulgué le code Théodosien de Justinien II. Il est interdit aux juifs d’exercer une profession publique ou militaire, et l’on cherche à imposer la conversion de force au christianisme dans l’Empire.

En 461 ou 465, Le concile provincial de Vannes stipule en son XVI° Canon : «Sous peine d'excommunication, les clercs ne doivent se livrer à la divination par le sort des saints et la sainte écriture. (…) Interdiction aux clercs de partager un repas avec des juifs.»

Presque de tout temps, la convertion au judaïsme a été possible (et même prosélyte les premiers siècles de l'ère chrétienne). On peut imaginer la crainte de la Gaule devenue chrétienne voir les juifs acquérir des esclaves et de les convertir, et accéder ainsi au savoir, comme lire, écrire et commentés les textes sacrés. Il est à signaler que l'esclavage n'est pas vraiment en conformité avec les textes religieux et enseignements aussi bien bibliques que talmudiques, et que l'on peut envisager des contradictions fortes entre les deux monothéïsmes, l'un naîssant, l'autre allant péricliter à partir du VI° siècle après J.C, notamment s'affaiblir au VII° siècle en Afrique du Nord avec l'apparition de l'islam et l'expansion du colonialisme arabo-musulman en Afrique du nord et au sud de l'Europe.


   
 


Bernard Lazare, L'Antisémitisme, son histoire et ses causes


(...) A Rome, les Juifs fondèrent une colonie puissante et riche, aux premières années de l'ère chrétienne. Ils étaient venus dans la cité vers 139 (avant J.-C.), sous le consulat de Popilius Lœnus et de Caius Calpurnius, s'il faut en croire Valère Maxime. Ce qui est certain, c'est qu'en 160 avant J.-C. arriva à Rome une ambassade de Judas Macchabée, pour conclure avec la République un traité d'alliance contre les Syriens ; en 143 et en 139, autres ambassades. Des ce moment, des Juifs durent s'établir à Rome. Sous Pompée, ils vinrent en nombre, et en 58 leur agglomération était déjà considérable. Très turbulents, très redoutables, ils jouèrent un rôle politique important. César s'appuya sur eux pendant les guerres civiles et les combla de faveurs ; ils les exempta même du service militaire. Sous Auguste, on fit retarder pour eux les distributions gratuites de blé quand elles tombaient un samedi. L'Empereur leur donna le droit de recueillir la didrachme pour l'envoyer en Palestine, et il fonda au temple de Jérusalem un sacrifice perpétuel d'un taureau et de deux agneaux.

Quand Tibère prit l'Empire, les Juifs étaient 20.000 à Rome, organisés en collèges et en sodalitates.

Excepté les Juifs de grandes familles comme les Hérode et les Agrippa, qui se mêlaient à la vie publique, la masse juive vivait très retirée. Le plus grand nombre habitaient dans la partie la plus sale et aussi la plus commerçante de Rome : le Transtévère. On les voyait près la via Portuensis, l'Emporium et le grand Cirque ; au champ de Mars et dans Subure ; hors la porte Capène ; au bord du ruisseau d'Égérie et proche le bois sacré. Ils faisaient du petit négoce et de la brocante ceux de la porte Capène disaient la bonne aventure. Le Juif du ghetto est déjà là. (...)



Le «Talmud de Babylone»,
ensemble de lois orales (la «Mishna») et de commentaires rabbiniques (la «Gemara»), est clôturé. Une autre version, le «Talmud de Jérusalem» avait été réalisé au siècle précédent mais n’était pas aussi approfondie. Ces écrits représentent un ensemble concret des fondements oraux de la religion juive et sont l’œuvre des sages amoraïm. Au fil des siècles, le «Talmud de Babylone» sera complété par différents rabbins et notamment par le rabbin français Rachi, qui fondera une grande école talmudique. (source: linternaute.com)

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commentaires

archéolas? 08/09/2013 22:14

Archéolas?
J'ai arrêté de lire à cet endroit.
Archelaus ou Archélaos.
Citez vos sources, et vérifiez avant de poster vos erreurs.
Cdlt.

Barbara de Toulouse 23/10/2013 12:41



Merci de m'avoir montré la "coquille" , il s'agit bien du successeur d'Hérode le Grand , Archélaus ....Quant aux sources lire Flavius Josèphe , la Vita , les Antiquités juives, les Guerres Juives
....et faites vous même votre travail de déduction ....Bien à vous ...Barbara



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  • : Réflexions sur le début du christianisme et du judaïsme rabbinique .Tout n'est pas fait de dogmes mais aussi de faits historiques et c'est cela qui m'intéresse. Le côté humain de la "chose". Les chrétiens ne connaissent rien sur l'histoire de leur religion et encore moins sur le berceau .Deux communautés issues d'une même "famille",qui se sont ignorées, voire combattue pendant des siècles, à coup de pogroms, de bûchers et d'anathèmes et pourtant elles sont "soeurs"......
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