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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 11:00

Les eaux de Meriba, de même que les eaux de Massa - Massada, le mont Sinaï - sont les deux plus grandes énigmes de l’histoire de Moïse. Suite à mes articles, j’avoue être surpris que certains commentateurs n’aient pas encore compris à quel point le raisonnement logique, notamment militaire, peut contribuer à la recherche historique, y compris biblique, et cela en collaboration avec l’étude des textes et l’archéologie.

Tout d’abord, il faut bien s’entendre sur deux points.

Premièrement : question de datation. Vu le soin avec lequel les auteurs bibliques situent dans le temps les événements les uns par rapport aux autres, on doit essayer de faire confiance aux dates qu’ils donnent, en particulier pour la sortie d’Egypte, au XVe siècle av. J.-C. et non au XIIIe comme la plupart des historiens le pensaient encore récemment (la thèse qui prévaut actuellement est celle des auteurs de la Bible dévoilée).

Deuxièmement : Moïse, de même que César, sont des personnages qui sont apparus dans le cours de l’Histoire à l’apogée d’une culture, l’un de la culture égyptienne des prêtres d’Osiris, l’autre de la culture romaine. Les textes qu’ils ont écrits, il faut les lire en faisant preuve de beaucoup de perspicacité, sans trop se laisser influencer par ceux qui ont essayé, par la suite, de les plagier en usant de la même rhétorique.


Vers l’an 1445 avant J. C., la situation est la suivante,

Le pays de Canaan est sous protectorat égyptien. Chaque roitelet, chaque ville, fait allégeance au pharaon et lui paye tribut. Certaines plaines fertiles sont directement administrées et exploitées par l’administration égyptienne. Des officiers égyptiens encadrent les troupes locales.

Les prêtres Moïse ont installé leur place forte refuge sur la montagne de Massada, le mont Sinaï (ma thèse). Après leur victoire de Rephidim sur l’armée philistine (pro-égyptienne ?), le désert de Juda et les oasis des bords de la mer Morte sont sous leur autorité. Ils en tirent la manne - l’impôt en nature - qui leur permet de nourrir, plus ou moins bien, le peuple. De combien d’hommes aptes à porter les armes disposent-ils ? 600 000 comme ils l’ont écrit sur leurs tablettes de recensement ? 6 000 ou 60 000 me paraît un chiffre plus raisonnable.

Entre le désert de Juda et le pays des Philistins, par-delà les montagnes de Judée, s’étend la riche plaine de la Shephela. L’intention de Moïse est de conquérir cette région. Deux ans après son installation à Massada, ses troupes descendent en bon ordre vers le sud pour contourner la montagne. Il installe sa base arrière à Gadesch et fait camper son armée plus au nord dans le désert de Param. Il noue une alliance avec les Madianites qui s’engagent à lui fournir des guides et probablement aussi des troupes. Il envoie des espions pour explorer la plaine de la Shephela. Au bout de quarante jours, ceux-ci reviennent et rendent compte que le pays est très riche mais que les villes y sont fortifiées et très grandes (Nomb 13, 28).

Deux solutions militaires s’offrent à Moïse. La première est d’attaquer en force et dans la foulée les villes de la plaine et de s’en emparer les unes après les autres. Il espère pouvoir compter sur ses anciennes relations de prêtre d’Osiris pour débaucher les garnisons égyptiennes hostiles au clergé d’Amon qui règne en Egypte. La seconde solution est de s’emparer des montagnes de Judée pour agrandir son territoire du désert de Juda. C’est ainsi qu’Abraham avait procédé au début de sa conquête.

Moïse choisit la première solution. Malheureusement pour lui, son choix ne fait pas l’unanimité parmi les chefs. Les opposants estiment que l’on court à l’échec. Les espions qui ont exploré le pays se transforment en porte-parole. Les uns disent : « Montons à la conquête de ce pays car nous pouvons nous en rendre maîtres (Nomb 13, 30). » Les autres : « Ce pays est plus fort que nous (Nomb 13, 31). Les habitants sont des géants et par rapport à eux, nous sommes comme des sauterelles. » Bref, le trouble se met dans le peuple. Une partie veut retourner en Egypte. Moïse et Aaron sont désavoués et risquent même de se faire lapider (Nomb 14, 10). Moïse menace. Il prophétise que le peuple sera condamné à vivre quarante ans dans le désert si on ne lui obéit pas (prophétie facile à faire si le texte a été mis à jour dans les années qui suivent). Il se retire à Gadesch avec l’arche d’alliance tandis que le peuple hébreu se lance à l’attaque de la montagne (Nomb 39, 40)... les montagnes de Judée.


La défaite de Horma.

Et voici la conséquence de la désobéissance du peuple : « Les Amélécites (les troupes philistines d’Amaleq, probablement pro-égyptiennes) et les Cananéens qui habitent cette montagne descendent ; ils les battent et les taillent en pièces jusqu’à Horma (Nomb 14,45). »

Puisque, dit-on, les Egyptiens notaient tout, ont-ils mentionné l’affaire ? Sous Amenophis III (1406-1371) les armées égyptiennes écrasent la révolte des "Shasous de Yhw III" (Bédouins de la montagne de Yahweh) qui sont probablement des Madianites Kénites... Certaines listes égyptienne associent "S’r-r" avec les Bédouins deYahweh. "S’r-r" serait donc peut-être le Seir biblique, situé dans l’Édom, à coté du pays de Madian (site internet : taper philo-zine, connaissances, article : la Terre promise).

La première grave désobéissance du peuple hébreu avait eu lieu au pied de la montagne de l’Horeb (Massada suivant ma thèse) lorsque, refusant le combat, les hommes avaient cherché querelle à Moïse et douté de la présence de Dieu au milieu d’eux (Ex 17, 7). Pour rétablir son autorité, Moïse avait montré ses dons (de sourcier ?) en faisant jaillir l’eau du rocher (de Massada). « Tu frapperas l’eau du rocher, lui avait dit Dieu, il en sortira de l’eau et le peuple boira (Ex 17, 6). On appela l’endroit du nom de Massa (Massa d’où Massada) et Meriba (Ex 17, 7). »

En se lançant dans la bataille d’Horma contre l’avis de Moïse et de son Dieu, le peuple a commis sa deuxième grave désobéissance. Pour rétablir son autorité, le prophète rassemble les survivants à Gadesch, au pied d’une montagne voisine. « Il frappa le roc, dit la Bible, par deux fois ; l’eau sortit en abondance ; la communauté but ainsi que son bétail (Nomb 20, 11)... Ce sont les eaux de Meriba (Nomb 20, 13). »


L’énigme d’Hor-la-Montagne où fut enterré Aaron.

Vaincu, affaibli par ses dissensions internes et par la malnutrition, dans l’impossibilité de vaincre le pays d’Edom, les Hébreux le contournent par le sud dans l’intention de rejoindre les steppes de Moab. Ils campent à Hor-la-Montagne. C’est là que Moïse va dissoudre le vieux conseil des prêtres Aaron pour le remplacer par un jeune et nouveau conseil nommé Eléazar.

Puisque, dit-on, on ne peut croire au texte biblique que s’il est prouvé par des vestiges archéologiques, j’invite le lecteur à lire un ouvrage publié en janvier 2000 : Les mystères du mont Sinaï d’Emmanuel Anati. L’auteur est un paléoethnologue italien de renommée mondiale. Il est l’un des premiers à avoir compris que le mont Sinaï ne pouvait se trouver là où on le situe encore. Il a envisagé que cela pouvait être le site de Har Karkom. Il aurait suffi qu’il aille un peu plus loin jusqu’à Massada pour trouver le véritable site. Qu’il me permette pourtant de le remercier car ses travaux de fouilles vont très probablement nous aider à apporter la preuve archéologique que Har Karkom est le site de Hor-la-Montagne et que, par conséquent, le texte de Moïse est tout à fait véridique et authentique.

Voici quelques indices retrouvés à Har Karkom : douze stèles représentant probablement les douze tribus d’Israël. Une pierre blanche placée en évidence évoquant la lune, en accadien, sin. Une grande quantité de gravures rupestres d’inspiration religieuse pouvant avoir un rapport avec des scènes bibliques. La représentation d’un serpent, le serpent de bronze de Moïse (Nomb 21, 9) ? Enfin, une gravure sur pierre pouvant représenter la table des dix commandements.

Cet article est inédit.

Je l’ai écrit en trois jours et trois nuits tout en essayant d’interpréter le texte biblique.

E. Mourey

Site internet : http://www.bibracte.com

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Published by Barbara de Toulouse
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