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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 13:23

Source:

 

Dieu romain du Ciel, du Jour, de la Foudre
Hachette Multimédia/Hachette Livre
 

 

Dieu assimilé à Zeus et correspondant au dieu suprême de la triade indo-européenne telle que l'a décrite Georges Dumézil, Jupiter est le grand dieu par excellence du panthéon romain. Il est le maître des phénomènes célestes que les Romains cherchent à interpréter pour connaître les désirs des dieux. De même que Zeus, Jupiter apparaît comme la divinité du Ciel, de la Lumière diurne, mais aussi de la Foudre et du Tonnerre.

 

Les origines du dieu

 

Le nom de Jupiter provient d'une racine diw, «briller», à laquelle se rattachent le latin dies, «jour», et, par suite, les mots français jour et dieu. Jupiter était une divinité mixte résultat de la fusion du dieu de la Foudre, Tin ou Tinia, adoré par les Etrusque, avec le Zeus hellénique. Comme les Grecsles Romains se mirent à la tête de toute la hiérarchie céleste, et attribuèrent à son image, ainsi qu'à son culte, un caractère grave et sérieux.

 

Cependant, la mytologie de Jupiter ne fut pas aussi riche et complexe que celle de Zeus. Divinité solennelle, Jupiter ne connaît pas la passion du dieu grec pour les mortels ; il est loin des problèmes des hommes.

 

Le culte de Jupiter à Rome

 


Le culte de Jupiter fut d'abord associé à celui de Mars et de Quirinus, puis, lorsque l'influence étrusque marqua la cité, à Junon et à Minerve, formant ainsi la célèbre triade capitoline qui perdura jusqu'à son élimination par le christianisme. L'animal que l'on sacrifiait à Jupiter était un taureau blanc.


De Romulus à la fin de la République

 


Selon Tie Live  (Histoire romaine, livre I), Romulus institua le culte de Jupiter Feretrius («celui qui remporte les dépouilles») après sa victoire sur les habitants de Caenina : il porta au pied d'un chêne sacré, sur le Capitole, les armes prises sur «le cadavre du chef ennemi», et consacra à Jupiter un templum - ce mot désigne, en latin, un espace sacré -, qui fut l'origine du plus ancien temple construit - aedes en latin - de Rome

 

 Ce temple fut agrandi sous Ancus Martius, à la suite de la victoire de Rome sur les Latins. Romulus introduisit également le culte de Jupiter Stator («celui qui arrête les fuyards»), dont le temple fut élevé à l'endroit même où il avait arrêté les Sabins, au pied du mont Palatin. Puis Numa Pompilius institua les cultes de Jupiter Fulgur («celui qui lance l'éclair») et Jupiter Elicius («celui qui attire la foudre»). Les Étrusques instaurèrent le culte de Jupiter Optimus Maximus, et lui construisirent, sur le Capitole, un temple spécialement consacré.

 

Avec l'hellènisation de Rome et de sa religionl, Jupiter reçut un certain nombre des attributs de Zeus , et il devint le dieu souverain par excellence, sous la protection duquel se plaçaient donc les citoyens qui exerçaient le pouvoir dans la cité.

Ainsi, à leur entrée en charge, les consuls offraient leurs premières prières à Jupiter ; les généraux vainqueurs lui portaient leurs couronnes et lui consacraient les victimes rituelles. Les surnoms de Jupiter - Victor («celui qui donne la victoire»), Invictus («invincible»), Stator, Triumphator («triomphateur»), Liberator («celui qui délivre»), Hospitalis («celui qui donne l'hospitalité»), Opitulator («protecteur»)… - se rapportent d'ailleurs à ses fonctions politiques et militaires. L'hellénisation fut également sensible dans les représentations du dieu, puisque Jupiter acquit l'image de l'imposant dieu barbu qui était celle de Zeus.


Les transformations du culte sous l'Empire

 


L'avènement de l'empire fut marqué par la restauration des édifices sacrés, l'instauration du culte de l'empereur, souvent assimilé à Jupiter, roi des dieux comme l'empereur l'était des mortels. Auguste consacra un temple à Jupiter Tonans, en 22 avant J.-C., sur le Capitole. Auguste prétendait recevoir des songes directement de Jupiter, sous la protection duquel il se trouvait - le dieu l'avait selon lui sauvé lors de la guerre contre les Cantabres, en Espagne.

 

Lorsque Rome eut annexé l'Orient, Jupiter dut subir la concurrence des dieux orientaux - égyptiens,syriens.

 

Ce syncrétisme fut à l'origine l'œuvre des soldats et des commerçants. Une grave crise se produisit cependant lorsque l'empereur Elagabal prétendit substituer le dieu solaire (Sol Invinctus en latin), duquel il avait été le grand prêtre, à Jupiter, crise qui aboutit en 222 à l'assassinat de l'empereur et à la restauration du culte de Jupiter.

Rome finit pourtant par réaliser la fusion entre les différents dieux orientaux ( Sérapis et Baal notamment) et le Jupiter latin : en 274, Aurélien reprit l'idée du culte solaire, et imposa un culte de Sol Invictus, proche par de nombreux aspects - clergé et jeux notamment - du culte de Jupiter, et qui fut donc adopté par les élites romaines. Jupiter devint alors le dieu du monde, dieu du Ciel et de la Terre, à la puissance fécondante et bienfaisante.


Le flamine de Jupiter

 


Le flamine de Jupiter (flamen Dialis) était, à l'image de son dieu, le plus important dans la hiérarchie sacerdotale. De nombreux interdits étaient attachés au culte de Jupiter, concernant notamment le flamine et son épouse (flaminica), interdits détaillés par Aulu-Gelle mais qui remontent à une époque si lointaine que Cicéron n'était plus capable d'en expliquer l'origine. Ainsi, le flamine ne devait pas s'absenter de Rome plus de trois nuits de suite et portait toujours un bonnet en pointe, terminé par un petit bâton enroulé de laine (apex). L'ensemble de ces interdits et prescriptions correspondait à un état archaïque de la religion incompris des Romains de la fin de l'époque républicaine, au point que Rome se passa du flamine de Jupiter depuis 87 avant J.-C., date du suicide, au Capitole même, du dernier titulaire, jusqu'à la réintroduction de cette fonction sous Auguste.


Les représentations artistiques de Jupiter

 


Pour figurer Jupiter, les Latins ont adopté le type du Zeus fixé par Phidias. Le maître des dieux est représenté soit assis sur son trône, soit debout, combattant ou lançant la foudre. Il est vêtu d'une tunique, ou demi-nu, parfois nu (bronze d'Evreux). Sa tête est majestueuse, son front «olympien». Ses cheveux bouclés se recourbent sur le front ; sa barbe est longue et ondulée. Sa tête est parfois couronnée de laurier, parfois ceinte d'un bandeau. Il tient à la main le bâton de commandement et parfois une coupe. A côté de lui est son aigle. Figuré en Jupiter tonnant, il est debout et lance les carreaux de la foudre.

 

La statue la plus célèbre de Jupiter fut le Jupiter Capitolin de Rome, statue archaïque refaite en 83 avant J.-C., et qui a disparu. Parmi les statues antiques, citons le Jupiter Verospi, du Vatican, la statue du Louvre, le bronze d'Evreux, et le beau buste de Jupiter Serapis du Vatican. Dans la sculpture moderne, citons Jupiter Pluvius, de J.-A. Bologne (palais de Pratellino), le Jupiter et Hébé , de Carrier-Belleuse (1859).

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Published by Barbara de Toulouse - dans Et si Rome m'était conté !!
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